Société Royale d'Histoire "Le Vieux Châtelet"


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Carabinier

La fusion, probablement nécessaire, des sociétés du "Carabinier" et de "Pont-de-Loup Sud" est le reflet réaliste de l'activité industrielle et financière de cette époque.
En effet, au départ, ce sont deux sociétés distinctes :

  • le "Carabinier Français", dont la Direction et les installations techniques sont situées sur le territoire de la Ville de Châtelet
  • la "Compagnie de Pont-de-Loup Sud" qui, avec son siège social et ses puits d'extraction, sont établis sur la commune de Pont-de-Loup

Comment se présente la société de "Pont-de-Loup Sud" avant la fusion ?

Guillaume Stainier de Pont-de-Loup, concède, le 4 novembre 1773, à Charles de Brauwer et B.C.J. Ondereet, le terrage des veines de houille, entre autres, Petit Voisin et Ahurie, situées entre le bois du chapitre Saint Lambert et la Ville de Châtelet.

La concession primitive fut créée par Arrêté Royal des Pays-Bas, en date du 13 février 1828, et accordée à Guillaume Dumont de Dampremy, Auguste et Joseph Quirini de Pont-de-Loup. La superficie de celle-ci est estimée à 302 bonniers, 20 perches et 60 aunes carrés, soit 300 hectares 20 ares.

La Maison de Banque Deville et Dujarier, établie à Paris, acquiert, le 13 février 1838, le charbonnage de Pont-de-Loup Sud. Les nouveaux administrateurs constituent, alors, une société anonyme, probablement de droit français, sous le nom de "Société Anonyme du Charbonnage de Pont-de-Loup Sud". Plus tard, une nouvelle société anonyme, à capitaux majoritairement belges, mais aussi, de droit, sera constituée, le 23 juillet 1882, en lieu et place de la première S.A.

En 1838, la société dispose de trois puits :

  • le n°1, sis rue Auguste Scohy
  • le n°2, situé à la rue du Campinaire, a une profondeur de 156 m et la société envisage de poursuivre le forage à 200 m. La production journalière de ce puits est de 80 tonnes
  • le n°3, situé au Wairchat, n'est plus opérationnel, les eaux d'infiltration ayant noyé l'exploitation souterraine. Le puits avait une bonne cinquantaire de mètres de profondeur

En 1896, date de la fusion, le puits n°2 est toujours en activité. Le puits n°1, désaffecté au niveau de l'extraction, bien avant cette date, garde encore son utilité technique au sein de l'entreprise.
En 1872, la société occupe, pour l'ensemble de ses sites, 540 ouvriers.

En ce qui concerne le second charbonnage, le Carabinier Français, il trouve son origine dans le décret, du 23 décembre 1805, par lequel, Napoléon, Empereur des Français, accorde, aux Sieurs Drapier, Saunsaint, Virolte et Carlier, le droit d'exploiter les mines de houille existantes sur le territoire de la ville de Châtelet et dont la superficie d'exploitation de la concession est fixée à 199 hectares 64 ares 79 centiares.
Le document est établi et signé au palais de Schönbrunn à Vienne, le 2 nivôse an 14 par Napoléon Ier, le Secrétaire d'Etat, B. Maret et le Ministre de l'Intérieur, Champy.

Signalons qu'au début du XIXe siècle, des petites houillères sont en activité aux abords de la cité châtelettaine. Parfois même, la fosse est établie tout à proximité du centre ville, par exemple, le puits du Baquet situé à l'angle de la rue du Rempart et de la place du Baquet.

En 1827, le charbonnage du Carabinier, connu sous la raison sociale de "Société Charbonnière du Carabinier Français", est acquis par la Maison de Commerce montoise Fontaine-Spitaels. La même année, Paul Joseph Henrard, conducteur des mines à Couillet, en devient de Directeur-gérant.
Le 8 juin 1830, le charbonnage ainsi que différentes installations métallurgiques sont apportées en nature à la société en commandite par actions "Fontaine-Spitael et Cie" qui succède à la Maison de Commerce.

Par la suite, une nouvelle mutation juridique intervient, le 20 juin 1835, lorsque les installations industrielles sont apportées en nature à la S.A. des Hauts Fourneaux, Usines et Charbonnage de Marcinelle et Couillet.
Le 5 décembre 1860, les administrateurs de cette société émettent le souhait de "sortir" le charbonnage de la société anonyme qu'ils gèrent.
A cette fin, une nouvelle "Société Anonyme du Charbonnage du Carabinier", à Châtelet, est fondée.

Parmi les fondateurs nous retrouvrons :

  • la S.A. des H.F. Usines et Charbonnages de Marcinelle et Couillet
  • la S.A. des Capitalistes réunis, de Bruxelles

La première société apporte en nature les installations charbonnières suivantes :

  • fosse n°1, située au faubourg de Châtelet (Saint Roch) et munie d'une machine d'extraction de 16 CV, de trois chaudières et d'une machine d'aérage de 8 CV. Profondeur du puits : 255 m
  • fosse n°2, sise à Troquette à Châtelet (extrémité de la rue Sainte Barbe) équipée d'une machine d'extraction de 75 CV, de deux chaudières et d'une machine d'aérage de 12 CV. Profondeur du puits : 424 m
  • autre fosse (probablement le creusement du puits Goffin à la rue des Lorrains) à Châtelet. Cette bure est enfoncée jusqu'à 334 m et équipée d'une machine à pompes de 85 CV
  • fosse Malplacée, sise près du chemin des Lorrains et dont la profondeur n'excède pas 75 m

A l'époque, pour l'ensemble des installations, le charbonnage détient 413 lampes de sécurité, 15 wagons en bois, 163 en tôle, 9 chevaux et 3 baudets.

Les administrateurs nommés pour la première fois sont :

  • M. Fernand Spitaels, sénateur, demeurant à Marcinelle
  • M. Aristide Brixte
  • M. Charles Letoret, propriétaire, démeurant à Mons, place du Chapitre
  • M. Laurent Veydt
  • M. Louis, comte de Marnix, propriétaire, demeurant à Bruxelles

Le charbonnage de Châtelet exploite, avant 1896, quatre puits établis sur le territoire de la commune, en l'occurrence, les puits Saint Roch, Sainte Barbe, Goffin et Notre-Dame de Hal.

L'assemblée générale des actionnaires du charbonnage de Pont-de-Loup Sud décide la dissolution de la société lupipontaine à la seule condition que celle-ci soit rachetée par la Société Anonyme du Carabinier Français.

La nouvelle société conserve et exploite, à ce moment, trois sièges :

  • le n°1, sis à la rue Aguste Scohy, étant destiné aux services d'entretien ainsi qu'à l'hébergement des chevaux de fosse
  • le n°2, réservé à l'extraction, sis à la rue du Campinaire à Pont-de-Loup (près des Quatre-Bras du village)
  • le n°3, sis à la rue des Lorrains, à Châtelet, destiné, lui aussi, à l'extraction




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