Société Royale d'Histoire "Le Vieux Châtelet"


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Gouffre

Le Gouffre fut une importante société charbonnière de la région de Châtelet. Il est, cependant, difficile de développer systématiquement l'historique de la dizaine de puits que la société exploita. Néanmoins, nous vous présentons une synthèse des principaux sièges d'exploitation qui marquèrent, au fil des années, l'activité industrielle de ce charbonnage.

Un peu d'histoire

Le 5 août 1778, se constitue une société ayant pour objectif, l'exploitation de la veine dénommée "le Gouffre".
A la base financière de cette constitution, nous retrouvons, entre autres, deux éminents représentants de la noblesse; le duc Louis Englebert d'Arenberg, seigneur de Charleroi, Gilly et Châtelineau et le marquis Stanislas de Sandrouins, personnage incontournable et très actif dans les sphères industrielles carolorégiennes de l'époque.

Le 23 janvier 1784, le duc d'Arenberg accorde, à la toute jeune société, le droit exclusif d'exploiter toutes les veines de charbons se trouvant sur sa juridiction. Un peu plus tard, de Sandrouins trouvant que l'affaire n'est guère rentable, se retire de la gestion de la société. Il est remplacé par le financier Gendebien.

De 1807 à 1835, la société entre dans une période de turbulence. Plusieurs sociétés civiles prendront, quelquefois, pour une période éphémère, la direction du charbonnage.
La concession primitive, en 1807, est de 760 hectares. En 1954, après les fusions des concessions du Carabinier-Ormont réunis et du Gouffre, la superficie totale représente, alors, 2.047 hectares. Mais revenons en arrière.

Le charbonnage est, ensuite, exploité par la "Société Anonyme des Hauts Fourneaux, Usines et Charbonnages de Châtelineau" créée par acte du 17 décembre 1835.
Le 1er janvier 1866, la société fusionne avec la "Société Anonyme des Hauts Fourneaux, Usines et Charbonnages de Marcinelle à Couillet".
Celle-ci permet, le 28 janvier 1882, au charbonnage du Gouffre de sortir de l'association afin de prendre, ainsi, sa propre autonomie sous la raison sociale de "Société Anonyme des Charbonnages du Gouffre".

La société du Gouffre rachète, en 1874, la fosse Maton qui regroupait, déjà, la fosse Thomas située au Taillis-Pré (en activité de 1855 à 1873). Auparavant, les propriétaires de la fosse Thomas rachetaient, en 1855, la fosse du Grand Chêne ou de Soleilmont, fosse intensément exploitée de 1806 à 1847.

Un inventaire, datant de 1910, énumère les puits et cayats, fermés ou toujours en service. Il montre toute l'importance de la présence minière qui s'est développée au cours du XIXe siècle dans la concession du Gouffre :

  • Cayat dit Avaleresse
  • Cayat Bauduin
  • Cayat de Sewe
  • Fosse de Sewe
  • Cayat Bastin
  • Cayat du Lancier
  • Puits Saint Joseph
  • Puits de la Croix
  • Puits du Chemin
  • Puits du Sentier
  • Puits Louis, entre Châtelineau et Pironchamps, profondeur : 52m, 5 CV
  • Puits Sainte Pauline
  • Puits Saint Félix

Restent en service, à la date du relevé, les puits n° 7 (rue des Charbonnages), 8, 9 (rue Pirmez) et 10 (rue du Fayt).

En ce qui concerne le puits n° 5 (emplacement de la surface Mestdagh), les habitants se plaignent de voir leurs puits d'eau se tarir au fur et à mesure que la fosse se creuse. A la suite de l'intervention de la commune de Châtelineau, la société charbonnière établit, à ses frais, une fontaine sur la place de la Vallée (place de la Madeleine) et pourvoit à son entretien régulier. Le puits n° 5 était voisin des laminoirs du Phénix.

Quelques chiffres - En 1868, 3 puits sont en activité pour une production de 260.000 tonnes.
En 1890, pour un total de 4 puits et 1.415 ouvriers, la production se répartit de la façon suivante :

  • gros et gaillettes : 37.500 tonnes
  • charbon : 56.500 tonnes
  • fines : 14.900 tonnes

La production de charbon, pour 1904, sur l'ensemble des sièges est de 316.000 tonnes, 246.000 tonnes pour 1932 et 387.000 tonnes pour 1954.

Les bénéfices pour les années 1919-20, sont de 931.410,89 FB et, pour 1920-21, de 2.708.682,14 FB.

La société, dans son action sociale, construit, en 1932, pour ses mineurs, un ensemble de maisons ouvrières au Noir Chemin au lieu-dit, Grand-Chêne.

La société utilise, de septembre 1945 à mi-1947, la main d'oeuvre des prisonniers allemands du camp, CH VI, de Châtelineau.
A la fin de leur captivité, plusieurs dizaines d'anciens prisonniers concluront des contrats de travail avec la société charbonnière.

Les ouvriers de fond ou de surface, pour l'ensemble des sièges de la société, qui sont décédés par accident lors de leur prestation de travail, entre 1800 et 1940 inclus, sont au nombre de 223. Il faut tenir compte, aussi, pour la période s'échelonnant de 1940 à la fermeture du charbonnage, on relèvera, encore, quelques accidents mortels sur les chantiers miniers du Gouffre.

Le charbonnage ferme ses portes, le 15 juillet 1969 et sa mise en liquidation paraît au Moniteur Belge, le 16 janvier 1971.





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