Société Royale d'Histoire "Le Vieux Châtelet"


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Trieu-Kaisin

L'un des plus anciens actes de concession connus de l'exploitation houillère de la veine du Trieu-Kaisin remonte au 26 juin 1658. A cette époque, Marguerite de Merode, comtesse d'Isenghien, seigneur de Châtelineau, accorde aux exploitants parchonnier, Nicolas Collart, Remy et François Jennart, le droit de travailler toutes les veines de houille situées entre le moulin et le bois "Belle Haye" à Châtelineau pour la somme annuelle de vingt Florins.

Notons que le bois de "Belle Haye" est situé à proximité du Trieu-Kaisin. Ce lieu-dit apparaît, en 1675, dans une liste des tailles levées à Châtelineau sur les terres, prés et jardins. On retrouve, aussi, le Trieu-Kaisin dans un document, de 1699, émanant de la cour féodale sous une graphie différente, le Try Caisin.

Vient, ensuite, à partir de 1719, une période de turbulence qui est émaillée de nombreux procès entre les exploitants du Trieu-Kaisin et ceux qui travaillent les veines environnantes de la Grande Castaigne dans le bois de Forest. Ce différend trouvera son épilogue, devant le Conseil provincial de Namur, par la condamnation, en appel, de Mathieu Tassin et consorts, à une amende de 50 réaux d'or. Néanmoins, certains procès, toujours liés à ce contexte, ne trouveront une solution définitive que dans le courant du XIXe siècle.
Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, une succession d'autorisations d'exploitation des veines de charbon apparaissent, venant tantôt du seigneur de Gilly, tantôt de l'abbé de Lobbes, co-seigneur de Gilly.

En 1808, le TK fusionne avec une exploitation voisine dénommée "Grand Forêt". Les deux sociétés réunies forment, alors, une concession de 454 ha 96 a 53 ca.

Le 17 septembre 1845, le TK englobe deux petites sociétés charbonnières, les Combles et Petit Forêt. La nouvelle société ainsi formée prend, alors, la dénomination de "Société Charbonnière du Trieu-Kaisin, Deux Forêts et Combles réunis". La concession s'établit, maintenant, à 557 ha et 92 a.

Le 29 juin 1886, cette société civile se constitue en société anonyme et devient la "Société Anonyme des Charbonnages du Trieu-Kaisin à Châtelineau".
Le 1er juillet 1887, la concession du charbonnage des Viviers Réunis, située sur la commune de Gilly est englobée par le TK. L'aspect juridique de la fusion sera entériné le 19 août suivant. La superficie totale de la concession du TK est de 732 ha et s'étend sous les localités de Gilly, Châtelineau et Montignies-sur-Sambre.

L'extraction du charbon est réalisée, à cette époque, par les quatre sièges principaux de la société :

  1. les puits n° 1 et 2, dits des Viviers, commune de Gilly, desservis par la gare de Gilly-Sart-Culpart
  2. le puits n° 4, dit de Sébastopol sur Châtelineau
  3. le puits n° 6, dit de la Duchère, sur Montignies-sur-Sambre
  4. le puits n° 8, dit des Pays-Bas, sur Châtelineau, desservi par la gare de Montignies Formation

La concession du Trieu-Kaisin, en dehors des sièges énoncés précédemment, recèle encore bien d'autres puits et cayats, mais ceux-ci ne sont plus en activité en 1910.
Ainsi, dans le secteur de Gilly, nous retrouvons les anciennes concessions des sociétés du "Vivier Couchant", "Vivier Levant" et "Viviers Réunis" avec les puits du Pavé, Sainte Marie, Sainte Barbe, Simon Lambert, Belle Fleur, Aldegonde et Moulin.

Apparaissent, aussi, une dizaine de puits concernant les sociétés des "Deux Forêts et Combles" situés principalement sur Châtelineau et une série de puits du TK, tels Sainte Croix, La Ferme, Major Dubois, Saint Jacques et Grand TK.

En 1868, la société du TK a toujours en activité les puits suivants :

  • n° 4 - profondeur : 672 mètres
  • n° 6 - profondeur : 561 mètres
  • n° 7 - profondeur : 297 mètres (puits Saint Jacques)
  • n° 8 - profondeur : 843 mètres
  • n° 10 - profondeur : 376 mètres
  • n° 11 - profondeur : 482 mètres
  • Les puits 2 et 5 ne sont plus en activité à cette date

A l'époque, la production ainsi que les catégories des charbons extraits se répartissent de la façon suivante :

  • gros et gaillettes : 5.000 tonnes
  • gailleterie : 45.000 tonnes
  • charbons gailleteux : 78.000 tonnes
  • fines : 139.000 tonnes

En 1929, l'extraction totale est de 366.185 tonnes et 2.258 personnes sont employées par la société.

En 1959, la production des deux seuls puits encore en activité donne pour les Viviers, 18.833 tonnes et 95.665 tonnes pour les Pays-Bas. Ce dernier extrait encore 107.821 tonnes en 1960 et 88.470 tonnes en 1963.

Les bâtiments abritant les bureaux et ateliers du TK sont construits en 1865, près de l'ancienne forge du charbonnage de Forest. En 1978, le site est entièrement assaini afin d'accueillir la grande surface Cora City.

La société du TK possède plusieurs terrils répartis sur l'ensemble de la superficie de la concession. L'évacuation, en 1957, des schistes houillers du terril n° 8 (Pays-Bas), par l'entreprise Jacques Albert, trouve sa raison économique dans l'alimentation en combustible de la centrale électrique d'Auvelais.

Au fil des années, les puits d'extraction ferment les uns après les autres. Le puits n° 1 "des viviers" cesse toute activité le 27 juin 1959 et, le 24 mars 1967, c'est le tour du n° 8 "Pays-Bas", dernier siège du charbonnage du Trieu-Kaisin en exploitation.

Pendant toutes ces années d'exploitation, on relève, pour l'ensemble des sièges de la société, 197 accidents de travail mortels. La moyenne d'âge des victimes se situe aux alentours des 28 ans. Le plus jeune ouvrier avant 11 ans et le plus âgé 65 ans.





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