Société Royale d'Histoire "Le Vieux Châtelet"


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Jean Guyot

(Châtelet 1512 – Liège 1588)

Jean Guyot naquit à Châtelet en 1512. Son père exerçait la profession de tanneur et possédait également une foulerie.

C'est sans doute à Châtelet, chez les Récollets et parmi les choristes de l'église paroissiale, que Jean Guyot débuta ses études. Il les poursuivit à l'Université de Louvain où, le 22 mars 1537, il obtint le grade de licencié es arts. Il continua probablement ses études universitaires ainsi que le fait présumer le titre de "magister artium" inscrit sur son épitaphe.

En 1545, il est chapelain de la collégiale de Saint-Paul à Liège et préchantre. Son motet : "Amen divo vogis" à 5 voix est imprimé à Anvers en 1546. Jean Guyot, malgré ses fonctions musicales absorbantes, se promène sur le Mont Parnasse et courtise les muses poétiques. Il publie chez J. Bathens, à Maestricht, une pièce dont la dédicace est adressée au "Très Illustre Seigneur Georges d'Autriche", prince-évêque de Liège et où l'auteur "fait preuve d'une verve brillante, d'une riche imagination en même temps que d'une connaissance profonde de l'art poétique".

Bientôt, il quitte la collégiale Saint-Paul pour la cathédrale Saint-Lambert, où il remplit l'office de préchantre. Il est nommé chanoine impérial.
Peu après, Ferdinand d'Autriche lui offre la place de maître de chapelle de la cour impériale de Vienne. Il entre en fonction le 1er novembre 1563.
Maître de chapelle, il veille à la formation musicale et littéraire des enfants de choeur impériaux, ce dont il s'acquitte avec compétence et brio. Il compose sa messe à huit voix : "Amour au coeur". L'empereur Ferdinand meurt en 1564 et Maximilien II lui succède. On connaît la sympathie de cet empereur pour la Réforme. Jean Guyot, prêtre du diocèse de Liège est hostile à la nouvelle doctrine. Et c'est la disgrâce ! Maximilien congédie son maître de chapelle.

Jean rentre dans la capitale de la Principauté qu'il ne quittera plus.
Pendant 24 ans, il dirige les chants de la cathédrale. Sous sa haute direction, l'art musical se développe remarquablement. Il forme des élèves qui marqueront leur époque : Gérard Hayne, Flerus, Manghon, Jean de Fosses ...

Parmi les motets qui nous sont parvenus, citons :

Expurgate vetus fermentum, Non in fermento (à 4 voix), Landemus omnes (à 4 voix), O florens rosa mater Domini (à 5 voix), Veni Sancte Spiritus (à 8 voix), Descendit de coelis (à 8 voix), Carole ter felix (à 8 voix), Benedicta es (à 12 voix), TeDeum Landamus (à 6 voix, en manuscrit à Munich).

Parmi les chansons, retenons :

L'arbre d'amour ung fruit damaritude (à 4 voix), A la la la maistre Pierre ! (à 4 voix), Je l'ayme bien et l'ameray (à 4 voix), Vous êtes doulce et bénigne (à 6 voix), Tant seulement ton amour je demande (à 8 voix), D'amour me plains et non de vous ma mye (à 8 voix).

Jean Guyot meurt le 11 mars 1588 à Liège, dans sa maison à l'enseigne du "Noir Cygne", rue de la Cigogne (aujourd'hui rue d'Amay). Son testament stipule, entre autres donations charitables, la fondation de deux bourses pour les choraux de Saint-Paul qui désirent poursuivre leurs études musicales.
Par une faveur spéciale due à ses exceptionnels mérites, le chapitre de Saint-Lambert autorise son inhumation dans la chapelle des clercs dont il était le diacre.

Gérard Hayne, son prestigieux élève et son exécuteur testamentaire, fait élever un mémorial au pied du jubé, avec une inscription destinée à perpétuer la mémoire de ce musicien de génie.

"A nous en tenir aux seules oeuvres parvenues jusqu'à nous, dit le grand musicologue Antoine Auda, Jean Guyot mérite sans conteste l'estime et la vénération dont l'entourèrent ses contemporains. Elles révèlent un tempérament d'artiste consommé, abordant avec la même aisance et la même maîtrise, les sujets sérieux, tels les motets liturgiques ou les sujets si pittoresques et si gracieux de la chanson. On était loin de s'effaroucher à cette époque de voir traiter par un ecclésiastique le motif de l'amour qui constitue le thème de presque toutes les compositions profanes. Chansons et madrigaux conservent une telle dignité, tant de délicatesse et d'esprit, qu'il leur est permis, malgré leur ton badin et léger, d'être ouïes par les oreilles quelques peu cultivées".


Source : "Châtelet - Au fil des temps"





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