Société Royale d'Histoire "Le Vieux Châtelet"


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Auguste Marin

(Châtelet 1911-1940)

Auguste Marin

Fils de bourgeois, avocat, journaliste, il est né à Châtelet le 10 août 1911 dans une maison cossue à l’angle de la rue des Charbonnages et de l’avenue Vandervelde.

En 1931 il publie " Statues de neige ". A cette époque il a déjà écrit les plus purs morceaux de cette suite qui restera son chef-d’œuvre et qui paraît en 1934 " Le Front aux Vitres ". Pour ce livre il reçoit le prix Verhaeren de Poésie en 1935. Le titre de poète est déprécié par la faute des poètes eux-mêmes. Auguste Marin portait au fond du cœur une intense passion de la poésie.

Il lui faut du temps pour s’imposer dans certains milieux à des poètes qui ne le valent pas. A cause de son indépendance et de sa fierté, il ne sera jamais l’élève ni le protégé de personne. S’il vit pour la poésie et exclusivement pour elle, il reste pourtant des mois sans écrire.

L’amour de ses parents occupe aussi une place importante dans ses pensées et dans ses confidences : " je suis comme mort, ayant toujours considéré mes poèmes comme mes seuls signes de vie " . Pour Auguste marin la poésie est un don total du meilleur de soi-même. Ses textes sont éparpillés dans plusieurs périodiques et dans le quotidien " L’Avant-garde ". On ne peut sans doute tout retenir, encore que les chroniques, essais, critiques, billets et interviews qu’il a signés tantôt de son nom, tantôt sous un pseudonyme soient toujours d’une remarquable tenue.

Dans " L’avant-garde " Auguste Marin signe pas moins de 250 éphémérides et proses. Il écrit également des chroniques cinématographiques, des critiques d’art.

Les poèmes d’Auguste Marin postérieurs à 1934 sont au nombre de 13 dont 2 jamais imprimés. Il publie dans la page littéraire de " l’Avant-garde " une multitude de nouvelles et d’entrefilets où il fustige les imbéciles et les prétentieux en mettant les rieurs de son côté.

Pour cet homme, habité d’une telle poésie, la vie militaire est un réel calvaire, il est à ce point affecté par sa condition que son état paraît inquiétant, il écrit " tout me blesse dans cette caserne ".

Le destin lui réserve un calvaire plus pénible encore, la mobilisation.

Pendant la seconde guerre mondiale, Marin est par esprit mais aussi par éducation un chef courtois, aimé de ses hommes dont il soutient le moral.

Auguste Marin est complètement transformé lorsque l’heure du danger sonne. Il fait de son mieux pour respecter son devoir, exécute les consignes avec un dévouement minutieux.

Les Belges se battent avec l’énergie du désespoir mais doivent céder le terrain et lorsqu’il faut exécuter l’ordre de repli, le lieutenant Auguste Marin est le dernier à quitter le combat. C’est à ce moment, au revers d’un talus, debout alors qu’il consulte une carte, qu’un obus éclate près de lui et le tue sur place ainsi que deux compagnons. C’était à Ooigem le 24 mai 1940. Ainsi s’est tue la voix d’Auguste Marin, de ce poète délicat et sensible dont le corps repose maintenant à Soignies, berceau de la famille paternelle et qu’un bombardement rase quelques jours avant sa mort.





Les potiers de Bouffioulx et Châtelet

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Magritte à Châtelet

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