Société Royale d'Histoire "Le Vieux Châtelet"


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Marches folkloriques

Châtelet participe d'une manière importante et depuis très longtemps à la richesse de ce folklore que sont les Marches militaires de l'Entre-Sambre-et-Meuse.

marcheur

On peut situer l'origine des Marches châtelettaines au début du 16e siècle, et elles sont dédiées aux saints Pierre et Paul, les patrons de la Ville, car les processions sont accompagnées par la Milice bourgeoise dont l'existence remonte à 1519, par le Serment des Archers (1525), par la Confrérie des Arbalétriers (1526) et celle des "Harquebusiers" en 1562.

Tous ces gens d'armes doivent rendre les honneurs en toutes circonstances :

  • lors des cérémonies religieuses dont le Fête-Dieu et la Dédicace;
  • lors des cérémonies civiles telles les visites du Prince-Evêque de Liège et autres personnalités éminentes;

la ville fournissant la poudre pour tirer les salves.

Un nouveau groupement, la Jeunesse, trouvera bientôt une place dans ces manifestations, une place qui deviendra de plus en plus prépondérante, au fur et à mesure de la disparition de la Milice bourgeoise et de la transformation des Serments et des Confréries en sociétés principalement sportives.

Mais fin du 16ème siècle, Châtelet est victime de plusieurs épidémies de peste. C'est ainsi qu'en 1599, une procession parcourt la cité en l'honneur de Saint-Roch, lui que la foi populaire tient pour le protecteur des malades et le guérisseur des maladies contagieuses. Ainsi, les Châtelettains associent le culte de Saint-Roch à celui de Notre-Dame de Rome dont les Dames de Soleilmont permettent que l'image pieuse séjourne dans la Ville, sa venue et son retour au monastère étant accompagnés par les notables mais aussi par les confrères en armes.

Notre-Dame de Rome

En 1626, l'épidémie est à ce point virulente que la population veut édifier une chapelle en l'honneur de Saint-Roch. Cette chapelle est bâtie à l'extrémité du Faubourg du Trieu, là où sont enterrées les victimes. "Chose étrange ! ... la peste cesse immédiatement ses ravages". Escorté par la Jeunesse en armes, le clergé vient y célébrer quatre messes par année et les journées se terminent par des réjouissances populaires. Ainsi naît une tradition !

Peut-être, va-t-elle connaître quelques éclipses sans jamais être totalement oubliée. C'est ainsi qu'en 1866, quand une dramatique épidémie de choléra frappe à nouveau les quartiers populaires, la ferveur pour Saint-Roch retrouve son éclat d'antan : - une potale est encastrée dans la façade d'une maison, à la Stralette, aujourd'hui appelée rue du Marché, - des messes sont chantées dans la chapelle du Faubourg, - dynamisés par la Jeunesse, les Marcheurs défilent à nouveau dans les rues, groupés autour du "Drapeau de la Compagnie" portant le millésime 1867. Ainsi, la Jeunesse répartie en plusieurs associations représentant les quartiers de la Ville : le Centre - le Boubier - le Faubourg, devient l'âme et le moteur des Marches-processions, que ce soient la Marche en l'honneur de Saint-Roch ou celle dédiée aux saints Pierre et Paul devenue entretemps la Marche Saint-Eloi.

Toutefois, et progressivement, les groupements de jeunesse vont s'effacer au profit d'associations de Marcheurs dont les comités deviendront les "Corps d'office" ou les "Etats-majors". La composition et le déroulement des Marches se transforment, probablement sous l'influence de l'image qu'a donnée la réunion de nos régions à l'Empire français. Elles prennent un caractère nettement militaire et comprennent désormais de véritables grenadiers, voltigeurs, lanciers, hussards, ... :

"Les militaires étaient droits comme des joncs, comme des grognards. Les canons de fusils et les lames d'épées, les boutons de cuivre et les épaulettes d'or scintillaient au soleil comme des ailes de libellules. Les chevaux hennissaient d'aise. Les fanfares de Saint-Eloi et de Saint-Géry unissaient leurs éclats rieurs aux sons joyeux des cloches. C'était beau".

marcheurs

Le grand moment est "le bataillon carré" qui se déroule dans la plaine de la Praye : "C'est là qu'on élève le fort de "Plevna". L'infanterie se forme en carré; le canon gronde comme le tonnerre; la cavalerie fait des charges brillantes, mais la fusillade éclate furieuse et nourrie, et le carré ne se laisse pas entamer. La Vieille Garde est là ... Puis, vient le siège du fort ... l'incendie dévore la forteresse ...
La foule émerveillée bat des mains".

Nous sommes dans la seconde moitié du 19e siècle et la "révolution industrielle" a provoqué à Châtelet, une explosion démographique sans précédent. La population change, les nouveaux arrivants participent peu à ce beau folklore, même le clergé manque d'intérêt, et les Marches n'ont plus lieu qu'épisodiquement.
Toutefois, en 1960, quelques jeunes gens participent à la Sainte-Rolende dans le peloton des tromblons de Gerpinnes-Centre. Rentrés à Châtelet, ils décident de recréer une Marche.

Le 28 juin, ces promoteurs, auxquels se joignent des amis motivés par ce projet, forment un comité, choisissent un local, et décident la date de la Marche qui sera naturellement dédiée à Saint-Roch.

Depuis 1961, chaque année, le dimanche entre l'Ascension et la Pentecôte, la Marche Saint-Roch fait vibrer Châtelet aux sons des tambours et des fifres, des salves de mousqueterie et de tromblons, dans la plus pure tradition de ces manifestations typiques à l'Entre-Sambre-et-Meuse.

Au début, les Marcheurs portent des uniformes du "Second Empire" mais à partir de 1964, les diverses Compagnies adoptent progressivement ceux du "Premier Empire".

Depuis 1962, l'Harmonie Royale de la Marche Saint-Eloi, créée en 1852 pour accompagner la Marche patronale, partage les fastes de la Saint-Roch qui s'enrichit d'une "Jeune Compagnie".

Aujourd'hui, la Marche comprend : la Jeune Compagnie qui a l'honneur de porter et d'escorter Saint-Roch, suivie des Sapeurs et Tirailleurs-Grenadiers, des Grenadiers, des Chasseurs, des Vétérans, du 33e Régiment d'Elite, des Dragons, des Gendarmes, des Artilleurs. Ce sont neuf Compagnies, chacune entraînée par une batterie, totalisant quelque 700 participants.





Les potiers de Bouffioulx et Châtelet

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Magritte à Châtelet

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