Société Royale d'Histoire "Le Vieux Châtelet"


Sous l'Ancien Régime (avant 1789)

A l’époque franque apparut le "pagus" de Lomme auquel se rattache le "pagus Sambrinensis" : Le pays de la Sambre.

De 448 à 457, Mérovée, roi des Francs fonde la dynastie mérovingienne. En 751, le Maire du Palais, Pépin, dit le Bref, supplante les Mérovingiens et fonde un royaume qui restera uni sous le règne de Charles dit Charlemagne (742–814) et de son petit fils Louis dit le Pieux(78-840).

Sous les Carolingiens, le Pays wallon se trouve au cœur d’une des régions les plus dynamiques. A l’échelon régional le "pagus" est dirigé par un comte (agent du pouvoir royal rétribué par un ou plusieurs domaines royaux qui constituaient la dotation d’officier public). En 843, au traité de Verdun, le comitatus Lomensis "comté de Lomme" est compris dans le lot de Lothaire 1er (empereur d’Occident en 840).

L’avènement au trône d’Allemagne d’Otton le Grand (912–973) fit perdre à la Lotharingie son autonomie.

Otton confia la direction de la Lotharingie à des évêques entièrement dévoués à sa politique.

Véritable créateur de la Principauté de Liège, l’évêque Notger, obtint d’Otton II (955–983) empereur d’Occident la confirmation des possessions de l’église Saint–Lambert avec les attributs de la Souveraineté.

La Principauté de Liège est formée, elle prend rang parmi les Etats qui constitueront le royaume de Germanie.

Le 14 février 1220, l’évêque de Liège, le chapitre de Saint-Lambert et l’avoué accordent des libertés à Châtelet et Pont–de-Loup. Bouffioulx n’est pas mentionné dans cette charte d’affranchissement. Bouffioulx appartenait à Gilles de Loverval qui vend, le 30 janvier 1341, aux seigneurs tréfonciers, c'est-à-dire aux chanoines de Saint-Lambert de Liège, sa terre et seigneurie de Bouffioulx avec haute et basse justice et cela avec l’approbation de Marguerite de Lorraine, dame de Florennes : "La chappitre Saint-Lambert de Bouffioulx, Liège, tient en fief et en hommaige du seigneur de Florinnes le village de Bouffioulx empres Chastelet-sur-Sambre et touttes ses appartenances anthièrement".

Ce document confirme que Châtelet et Bouffioulx faisaient parties de la Principauté de Liège. Châtelineau, par contre, séparé de Châtelet par la rivière Sambre était un territoire relevant du Comté de Namur.

Le chapitre de Saint-Lambert était le sénat ou conseil du Prince-Evêque de Liège.

Comme les chanoines se réunissaient quelquefois pour entendre la lecture d’un chapitre de l’Ecriture Sainte, on désigna par chapitre l’assemblée elle-même et la salle où elle avait lieu; Ils vivaient en commun et habitaient un local attenant à la cathédrale Saint-Lambert. Il y avait chez eux plusieurs dignitaires, parmi lesquels on comptait le Prévôt, qui alors réglait tout ce qui avait rapport aux biens temporels de la communauté.

Outre 7 seigneuries tout à fait indépendantes du Prince–Evêque et des Etats et formant le patrimoine de Saint-Lambert, le chapitre avait d’autres seigneuries au nombre d’environ 85, placées vis-à-vis du Prince -Evêque sur le même pied que les fiefs des nobles. Parmi elles se trouvaient Pont-de–Loup, Châtelet et Bouffioulx

Au mois de juillet 1794, tous les chanoines de Saint-Lambert émigrèrent à l’approche des armées de la république française. En exécution du concordat de 1801 instauré par Napoléon 1er, empereur des Français, le Chapitre de Saint-Lambert fut supprimé.

La production de grès à Châtelet est connue et réputée comme le confirme l’ouvrage de Saumery de 1740, page 332, on lit




La principauté de Liège reste indépendante des fluctuations de guerres, de transmissions des pouvoirs sur les terres par mariage ou héritage et c’est ainsi que le Chapitre de la cathédrale Saint–Lambert assure la continuité d’une gestion qui permettra aux ateliers de potiers de subsister jusqu’à la Révolution française et même au-delà (1801).

Cependant, les archives de la Ville de Châtelet conservent de nombreux documents qui prouvent le soucis de gérer la production.

L'acte du 2 juillet 1603 (n° 789) connu par une copie en date du 7 octobre 1727 qui stipule "que depuis le jour delle Toussaint pour chacun an, les maistres ne poudront besoigner sur la rouwe, ni faire pot à la chandelle jusqu’à la veille du Noël, bien entendu que lesdits maistres ne poudront aussy mettre en œuvre à tourner pots à la chandelle servitteurs ledit terme depuis la Toussaint jusqu’au Noelle. Mais les dits maistres et serviteurs poudront besoigner à la chandelle à tous autres ouvrages comme dit est à tournr pot." Cela montre la préoccupation du Franc-métier des potiers d’essayer de diminuer la production tout en maintenant des activités pour ne pas supprimer cet artisanat.

Par le biais des listes de chanoines de Saint-Lambert dont nombres de blasons familiaux figurent sur les vases de Bouffioulx, D. Van Baestelaere et M. Marïen ont étudié la chronologie à travers les calendriers muraux des chanoines et ont essayé d’identifier ainsi les clients des potiers. La tâche est difficile car les médaillons signés sont rares.

Le Musée sera installé prochainement dans les anciens bâtiments de la banque Nationale, quai de Brabant à Charleroi.

Le chapitre de la cathédrale Saint-Lambert de Liège est supprimé en 1802, la production des potiers subsiste jusqu’en 1824.

Aujourd’hui les descendants de la famille Crame dont Bernard Dubois continuent la tradition du Franc-Métier des potiers de pierre en commémorant le 26 décembre, chaque année, la prestigieuse tradition.

La famille Bertrand, à Bouffioulx, laisse un descendant direct Lucien Pirson qui vit rue Franqui à Bouffioulx en face de ce qui était la poterie Bertrand au XVIe siècle. Un mur en moellons calcaires subsiste encore.





Les potiers de Bouffioulx et Châtelet

Les potiers de Bouffioulx et Châtelet


Magritte à Châtelet

Magritte à Châtelet