Société Royale d'Histoire "Le Vieux Châtelet"


La poterie à Bouffioulx

La poterie, qui répond à un besoin primordial, est une des plus anciennes industries humaines. Elle appartient aux temps les plus reculés : on en trouve des échantillons parmi les débris de l’époque antédiluvienne et elle semble, avec la fabrication des haches de pierre et des armes primitives, composer l’art manuel de nos premiers aïeux.

En ce qui concerne la seigneurie de Châtelet, c’est en tout cas l’industrie la plus ancienne. Dès le XIIIe siècle, on y fabriquait de la poterie grâce à la qualité exceptionnelle de la terre que renferme le sol.

Nos archives communales nous font connaître de bonne heure les potiers.

De tout temps, les potiers payèrent une redevance au chapitre.

Le jour de la Saint-Etienne, les seigneurs payaient des pièces de monnaie et des "sarta virida" (sarraux) aux ouvriers des potiers apportant les chapons et autres redevances.




Il n’est pas question des potiers de Bouffioulx aux débuts de cette industrie céramique, sans doute parce que cette commune relevait du seigneur de Florennes.

La Ville de Châtelet pouvait comme en 1537 et 1540 défendre aux potiers d’extraire la terre dans les bois.

C’est en 1543 que l’on trouve trace d’une première convention entre les potiers et la Ville concernant la terre du bois.

Avant 1595, les potiers payaient 1 florin par roue pour la terre extraite. Il semble que seuls ceux de Bouffioulx étaient redevables de cette taxe et que les potiers de Châtelet étaient exonérés.

A la suite d’un accord intervenu entre la Ville et la corporation, les potiers de Bouffioulx furent astreints à une taxe de 30 patards (monnaie) de Brabant et ceux de Châtelet naturellement privilégiés, à une taxe de 10 patards de Brabant par roue.

Au XVIe siècle les potiers fondent une corporation au corps de métier. Elle allait être composée de maître, d’ouvriers et d’apprentis; à sa tête se trouvaient deux maîtres gouverneurs, l’un de Châtelet et l’autre de Bouffioulx.

Cet acte constitutif empêchait l’intrusion de maîtres ou ouvriers à la Communauté, établissait les droits de chacun, réglait la part de travail de tous, ...




En 1595, les potiers signent la charte du métier.

Pot d’étain

Les réunions des maîtres potiers se faisaient chez Jean Bertrand, potier et hôte du "Pot d’étain" à Châtelet (entrée de la rue des Gravelles). La plaque de cet établissement a été enlevée lors des travaux de rénovation du centre Ville et a été replacée dans la salle de réception de l'Hôtel de Ville de Châtelet.

Les potiers étaient convoqués sur l’ordre des gouverneurs, c’est là qu’on élisait les maîtres, qu’on admettait les nouveaux confrères et les apprentis, qu’on discutait toutes les mesures qui pouvaient se rattacher à la prospérité du métier et que se faisait le partage de tous les ouvriers entre les maîtres potiers.

Chaque maître potier a un territoire d’activité. Il faut savoir qu’il y avait deux professions nettement tranchées : le maître potier, membre de la corporation et le marchand potier, profession libre. Le périmètre de vente de ce dernier était limité suivant la fabrique où il se fournissait. Le marchand livrait ses marchandises par bateaux, par chariots, par charrettes, par chevaux et même par sac ou par hottes. Il établissait sur place des comptoirs, des dépôts, ...

La corporation, à partir de 1615, est de plus en plus exclusive.

Le nombre des potiers à Bouffioulx fut souvent plus important qu’à Châtelet. En 1595, dans l’acte de corporation il y avait 4 potiers à Châtelet et 12 à Bouffioulx.




En 1747, on dénombre 11 potiers à Châtelet et 7 potiers à Bouffioulx.

Une industrie née de la poterie était celle des postainiers. Les pots et les pintes étaient garnis et couverts d’étain, la plupart du temps.

La fabrication de la poterie s’est maintenue florissante à Châtelet et surtout à Bouffioulx. Elle s’y est même développée, en s'adaptant à de nouveaux moyens puissants de production.

Au lieu de petites fabriques employant un ou deux serviteurs, on trouve de puissantes sociétés ayant à leur disposition de forts capitaux. Toutefois, de petits patrons, descendants d’anciens potiers l’agrandissant petit à petit, ont pu par eux-mêmes faire face aux nécessités de l’industrie moderne.

Bouffioulx est devenu une ruche ouvrière d’où émergent de hautes cheminées. C’est dans le monde entier que sont connus les produits de Bouffioulx, consistant surtout en tuyaux et grès (assèchement du Zuiderzee).





Les potiers de Bouffioulx et Châtelet

Les potiers de Bouffioulx et Châtelet


Magritte à Châtelet

Magritte à Châtelet