Société Royale d'Histoire "Le Vieux Châtelet"


Pots à conserve

Pots à conserve

Longtemps le sel fut un des principaux moyens de conservation des aliments, viandes et légumes, que l’on disposait dans des récipients et en particulier dans des pots en grès. Ces pots à conserves furent, au XIXe siècle et début du XXe siècle, une des production les plus demandées de Châtelet – Bouffioulx.

Le client le plus important était la Hollande d’où leur nom, souvent utilisé de pots hollandais.

Pour leurs voyages au long cours, les navires emportaient une bonne partie de leurs provisions de route dans des pots en grès, résistant aux effets de la saumure, aux dents des rongeurs et aux attaques des insectes.

Quand ils étaient vidés de leur contenu, les pots étaient vendus aux différentes escales, de sorte qu’à chaque voyage, le navire devait être réapprovisionné en pots à conserves.

Ces pots, tournés à la main, étaient fabriqués industriellement. Leur base était large et même un peu évasée pour leur donner plus de stabilité.

Ils étaient produits généralement en une série de 11 dimensions, dont l’unité de capacité était le compte, écrit parfois "comte" (soit 20 litres), allant de 1/5 de comte (4 litres) à trois comtes (60 litres); un potier de Bouffioulx (Staquet) en fabriqua même, paraît-il, jusqu'à 6 comtes (120 litres) !




Pots à conserve

Parfois, les pots portaient un nom particulier : celui de ¾ de comte s’appelait le "vachelot", celui d’un comte : le pot’lot, celui de 3 comtes : le "cochon".

Outre les pots à conserves, les potiers fabriquaient d’autres grès vernissés utilitaires : pots à café (12 au comte), pots à bouilli (en 3 capacités), pichets, burettes, fontaines à pigeons, mangeoires à poules, pots à moutarde et à confiture, bouteilles, bouillottes, ...

Marcellus Aubry réalisa même des mangeoires pour les lions du zoo d’Anvers !

Dans le courant des années 30, la demande de pots à conserves se tassa.

A la conservation au sel, les ménagères préférèrent la conservation par la stérilisation. Pendant la guerre 1940-45, le pot en grès pris une revanche qui fut d’ailleurs éphémère car il fut progressivement et définitivement remplacé par le réfrigérateur et le congélateur.

Ainsi disparut le pot à conserves qui avait été pendant longtemps la production principale des potiers de Bouffioulx-Châtelet, avant le développement du tuyau en grès vernissé, de la "buse".





Les potiers de Bouffioulx et Châtelet

Les potiers de Bouffioulx et Châtelet


Magritte à Châtelet

Magritte à Châtelet