Société Royale d'Histoire "Le Vieux Châtelet"


Charte du franc-métier de potier

Les Archives de la ville de Châtelet possèdent une copie d’un document daté du 26 décembre 1595.


D’après André Matthys, "les documents concernant la corporation sont rares pour le XVIème siècle, on ne cite guère que la charte du franc-métier recopiée en 1595 et reflétant sans doute un état plus ancien. Cette charte est le règlement interne du métier, elle règle les activités des potiers".

Ce document (Archives de la Ville de Châtelet, n° 681) comprend cinq pages et est la copie du règlement du 26 décembre 1595 (pages 1 à 3) et de l’accord des potiers de Châtelet et Bouffioulx du 26 juillet 1596.(pages 4 à 5).

Lors de procès entre le franc- métier des potiers et la ville de Châtelet, les textes et procès-verbaux des réunions qui sont transcrits dans les registres officiels par les greffiers sont utilisés comme preuves, c’est ainsi que




La charte nous renseigne sur les noms des maîtres - potiers

"Bertrand Bertrand, Jacques Bertrand, Barbe, veuve de Pierre Gibon, Barbe, veuve de Pirchon Bertrand, Jean Bertrand, Jean le Montuyer, Jean Gibon, Nicolas Crame, Jean Bertrand dit Pirchon, jean Leurquin, Georges Crame et Jean Bertrand dit Visnon qui s’accordent devant le notaire Cornet".




L’objectif de ce règlement

Il faut préserver le métier "pour autant que leur art de potterye tendoit totalement en ruyne". Ce qui suppose que le métier était déjà ancien et qu’il fallait déterminer les mesures empêchant la surproduction;




Les mesures restrictives

Il faut préciser les époques de l’année qui correspondent aujourd’hui à un chômage technique : "depuis le iour du Noël par chacun an et à tousiour irrévocablement iusque au lendemain de la Purification Notre Dame qu’on dist chandeleur leurdit art et styl à fair pots de pierre et tourner roue cessera".

Il faut exclure les étranger à la juridiction

Il faut préciser qui peut faire partie de Franc-Métier.

Les membres de la corporation, le personnel, les salaires sont stipulés dans ce document de 1595.

Le Franc-métier réunissait les maîtres ou patrons, les apprentis aspirant à la maîtrise, les ouvriers appelés serviteurs ou valets. Tous devaient être bourgeois ou fils de bourgeois de Châtelet, Bouffioulx ou Pont-de-Loup à l’exclusion de tous étrangers. A la Saint-Etienne, le 26 décembre, la corporation devait élire deux maîtres pour régir et gouverner "les affairs dudit styl ou mestier".


Il faut gérer l’approvisionnement

Il faut maîtriser le commerce de la terre à pots : "nuls desdits maîtres ne poldront ou debveront permettre faire marchandise de la terre des pots trouvés soubs la juridiction de mesditcs seigneurs pour la transporter à aultres maîtres estrangers et hors desdits lieux ..."

Il faut poursuive les voleurs de terre mais aussi définir les règles pour extraire la terre : "lesdits maîtres potiers ont accordez et accordent que doresnavant ils ne pouldront avoir chascun sinon une fosse pour tirer la terre jusqu’à la fin de la vaine".

Les archives de la ville de Châtelet contiennent de nombreux documents qui précisent ces mesures protectionnistes pour canaliser le marché et répartir la production, ce qui accrédite l’hypothèse du déclin de la poterie sambrienne.





Les potiers de Bouffioulx et Châtelet

Les potiers de Bouffioulx et Châtelet


Magritte à Châtelet

Magritte à Châtelet