Société Royale d'Histoire "Le Vieux Châtelet"


Du Moyen Âge à nos jours ...

Potier tournant des pots

Pour Châtelet et Bouffioulx, et peut-être Pont-de-Loup, la poterie est une des plus anciennes industries. Les potiers sont déjà au nombre de quatre au XIIIe siècle à Châtelet, alors une très modeste agglomération.

Dès les plus anciens documents conservés, les archives châtelettaines égrènent des noms d’artisans, tant à Bouffioulx qu’à Châtelet : Henon le potier , en 1400, Roubeson poty, Linar poty, Mahy ly poty, en 1438 ; Johan Bertrand , Johan Montfroid le jeune, Clément Gibon , en 1537. Bertrand Bertrand , Jean Gibon, Jean Bertrand dit Pirchon, Jean Leurkin, Jean Bertrand, tous maîtres potiers sont présents aux accords intervenus, le 13 juin 1595, entre les potiers de Châtelet, Bouffioulx et Pont-de-Loup et la ville de Châtelet.

Quant à la charte du 26 décembre 1595 qui officialise les accords antérieurs et constitue l’acte de naissance du "Franc-Métier des potiers de pierre de Chestelet, Pon-de-Loup et Bouffioulx"; elle répertorie tous les artisans de l’époque, à savoir : "Bertrand Bertrand, Jacques Bertrand, Barbe relicte de feu Pirchon-Bertrand, Jean de Montuyer, Jean Gibon, Nicolas Crame, Jean Pirchon, Jean Leurquin, Georges Crame et Jean Bertrand dit Visnons, tous maîtres potiers tant de Chastelet comme de Bouffioulx".

L’art du potier atteignit son plein essor, à Châtelet et Bouffioulx, dès le XVIe siècle, époque à laquelle, les textes et les objets permettent de constater une activité et un rayonnement qui firent, de ce centre, le concurrent des ateliers allemands.




Médaillons décorant des pots utilitaires

Les mesures prises par les potiers de Châtelet et Bouffioulx, en 1595, n’ont pu être nécessitées que par une production considérable et tout particulièrement de grès ornés.

Le nombre d’ateliers fut toujours important au XVIIe siècle, on comptait une moyenne de huit potiers avec douze roues à Châtelet et de huit potiers avec treize roues à Boufioulx.

En 1774 on recensait 23 potiers et 36 tours pour les deux localités.

Après avoir connu son apogée au XVIIe siècle, la "vaisselle de pierre" décorée ou non, souffrit, au XVIIIe siècle, d’une désaffection, qui aboutit à une quasi disparition, provoquée par le succès de la vaisselle en faïence produite par d’importantes manufactures.

Au XIXe siècle, Châtelet et Bouffioulx développèrent la fabrication industrielle des pots à conserve et des tuyaux en grès avec leurs accessoires, production rentable qui offrit d’importants débouchés jusque dans les années 1960.

Quant au grès d’art, il vécut un nouvel âge d’or au cours de la première moitié du XXe siècle, sous les doigts amoureux de "magiciens de la terre de pots".

Aujourd’hui, trois potiers continuent le métier des ancêtres, métier qui n’a jamais cessé dans ces deux localités depuis le Moyen Âge.





Les potiers de Bouffioulx et Châtelet

Les potiers de Bouffioulx et Châtelet


Magritte à Châtelet

Magritte à Châtelet